Lutter contre le racisme à l’école : œuvrer ensemble pour une communauté plus inclusive

Au LFCG — comme c’est encore le cas dans la plupart des écoles — un certain nombre d’élèves et de parents ont signalé ce qui ne peut être qualifié que d’incidents et de remarques à caractère raciste. Ces situations se sont produites entre élèves et ont, à l’occasion, impliqué des membres du personnel. Les équipes du LFCG ont réagi rapidement et ont déjà pris des mesures pour faire face à ce défi. Quelles sont les bonnes pratiques mises en place par d’autres écoles, et quelles autres étapes pourraient être franchies pour continuer à progresser dans ce domaine ?

Contexte :

Selon le NIABF, les incidents racistes surviennent lorsqu’une personne est victime d’un « comportement hostile ou offensant fondé sur la couleur de sa peau, son origine culturelle ou religieuse réelle ou perçue, ou son appartenance ethnique ; par exemple, insulter quelqu’un, l’humilier en utilisant un langage offensant, se moquer de ses traditions, ou tourner en dérision ses vêtements ou son accent, entre autres ». Le harcèlement raciste désigne des actes répétitifs de cette nature.

Il est important de noter que si certains propos racistes sont tenus délibérément dans le but de blesser autrui, d’autres reposent sur des préjugés inconscients. Même s’ils ne sont pas nécessairement formulés avec l’intention de nuire, la plupart d’entre eux blessent tout autant et sont tout aussi inacceptables. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on associe un groupe de personnes à certains stéréotypes, comme être sale ou paresseux, ne pas bien parler anglais, ou encore être des criminels, pour n’en citer que quelques-uns.

Les incidents racistes dans les écoles au Royaume-Uni et en France

Malheureusement, les incidents racistes dans les écoles sont en hausse tant au Royaume-Uni qu’en France. La montée alarmante des discours anti-immigration portés par certains partis politiques ne fait qu’aggraver la situation. En effet, un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a révélé que « le sentiment anti-immigrés est le plus fortement corrélé aux autres formes de haine. Plus les personnes rejettent les immigrés, plus elles rejettent ceux perçus comme juifs, musulmans, asiatiques, roms ou noirs, et plus elles s’opposent à l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’aux droits des personnes LGBTI ».

Les écoles peuvent et doivent s’opposer fermement au racisme sous toutes ses formes et manifestations, et être en première ligne en matière de prévention. D’un côté, les enfants victimes de racisme ont besoin de soutien ; de l’autre, les personnes qui se livrent à des actes racistes nécessitent également des interventions visant à faire évoluer leurs connaissances, leurs attitudes et leurs comportements, afin de briser le cycle du racisme de manière durable. Cela est conforme aux valeurs françaises et britanniques, et plus généralement, aux cadres et obligations en matière de droits de l’homme au niveau britannique, français, européen et international.

Bien que nous ne disposions pas de chiffres spécifiques au LFCG, les statistiques au niveau national sont extrêmement préoccupantes. Par exemple, une recherche du YMCA, citée dans un rapport de la Chambre des communes britannique sur la discrimination raciale dans les écoles, a révélé que 95% des jeunes Noirs ont déclaré avoir entendu et été témoins de l’utilisation d’un langage raciste à l’école. Une recherche du ministère de l’Éducation a montré que 38% des élèves en Year 6 (CM2) et 63% de ceux en Year 9 (4ème) estiment encore que la couleur de peau d’une personne peut la rendre plus susceptible d’être victime de harcèlement. Disposer de telles données et d’une base de référence au LFCG constituerait une excellente étape pour mesurer les progrès, planifier des actions plus ciblées et communiquer avec les parents.

En effet, prévenir le racisme et y répondre doit aller au-delà de la simple réaction face à des incidents individuels, et tendre vers l’adoption d’approches antiracistes à l’échelle de toute l’école. Pour ne donner qu’un exemple, selon Black Lives Matter at School, « les choix de programmes impliquent la sélection délibérée de matériaux pédagogiques qui favorisent l’équité, l’inclusivité et la diversité des perspectives… des études montrent que lorsque les élèves voient leurs cultures et leurs histoires représentées en classe, cela a un impact positif sur leur estime de soi et leurs résultats scolaires. »

Initiatives pour lutter contre le racisme au LFCG

Au LFCG, des mesures ont déjà été prises pour prévenir le racisme et y répondre. Cela a été réalisé en travaillant de manière collaborative entre les équipes, et en veillant à l’alignement avec le programme PSHE et les valeurs de l’école. Les activités récentes comprennent :

  • Des expositions pour le Black History Month,
  • Une formation sur la prévention du racisme pour l’ensemble du personnel, mise en œuvre par l’organisation Show Racism the Red Card, au début de l’année scolaire 2025-2026. Celle-ci a été réalisée à l’école de South Kensington et a reçu des retours très positifs de la part du personnel.
  • Des actions prévues pour la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination.

Il existe également d’autres excellentes initiatives au LFCG, telles que Language Exchange, qui a récemment connu sa deuxième édition avec un grand succès, ainsi que le Festival de la Langue Arabe. Ces initiatives constituent des éléments tout aussi importants dans la promotion et la célébration de la diversité à l’école.

Bonnes pratiques à André Malraux

Dans le cadre des efforts visant à marquer la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale (le 21 mars chaque année), les enfants d’André Malraux du niveau CE1 et au-dessus ont participé au premier de deux ateliers animés par Show Racism The Red Card, la principale association caritative britannique d’éducation contre le racisme. Il s’agit de la première école du LFCG à proposer un tel atelier aux enfants. Des incidents racistes avaient été signalés, et ces ateliers ont été organisés dans le cadre de la réponse apportée. Les retours des parents et des enfants ont été très positifs. De plus, un atelier sera proposé à tous les parents en avril. Cela est également d’une importance capitale, car les parents jouent bien entendu un rôle crucial dans la manière dont les enfants interagissent entre eux, et dans nos sociétés diversifiées.

Recommandations du CIPL pour renforcer les efforts actuels du LFCG

Comme mentionné ci-dessus, des actions importantes ont été entreprises par le LFCG pour reconnaître les incidents racistes et y répondre. Pour continuer à progresser, et sur la base des retours des parents et des bonnes pratiques d’autres écoles, nous encourageons le LFCG à envisager de renforcer ses efforts actuels par une approche globale de l’établissement, en considérant par exemple :

  • L’élaboration d’une politique scolaire antiraciste et d’un plan d’action, afin de démontrer un engagement institutionnel au plus haut niveau et une approche stratégique face à cette préoccupation importante.
  • La prise de mesures supplémentaires pour que les victimes de racisme se sentent en sécurité lorsqu’elles signalent de tels incidents. En effet, il est venu à l’attention des délégués de parents qu’un certain nombre d’incidents ne sont pas signalés à l’école par crainte de représailles. Cela ne doit pas être reproché aux élèves ; cela signifie plutôt que nous, en tant que communauté du LFCG, devons améliorer notre travail afin que chacun se sente en sécurité pour signaler de tels incidents.
  • L’intégration d’approches visant à faire évoluer les connaissances, les attitudes et les comportements des enfants qui se livrent à des actes racistes, en complément de toute mesure disciplinaire.
  • La prévention de la revictimisation des enfants concernés, en veillant à ce que chaque enseignant soit formé à la manière de répondre aux incidents racistes, et n’ajoute pas par inadvertance une pression ou un stress supplémentaire sur les enfants affectés. La réflexion sur des mesures de réparation pour les victimes d’incidents racistes, par exemple en recevant des excuses publiques.
  • La réalisation d’enquêtes et d’entretiens permettant aux élèves de s’exprimer librement, en toute sécurité et de manière anonyme, si nécessaire, sur ces questions.
  • L’adoption de mesures de transparence avec des indicateurs clés permettant à l’ensemble de la communauté du LFCG de suivre les progrès accomplis.
  • La révision des matériaux pédagogiques et de la documentation de la bibliothèque afin de s’assurer qu’ils représentent adéquatement la diversité du monde.

Dans un autre lycée, par exemple, il a été constaté que les seuls livres sur l’Afrique portaient sur l’Égypte ancienne et l’esclavage — c’étaient les seules représentations de l’Afrique dans toute la bibliothèque scolaire. Il y a eu des cours où les seules images de villes d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie montraient les quartiers les plus pauvres, tandis que pour les villes européennes, seuls les quartiers aisés étaient représentés. Ce type de matériaux perpétue une vision biaisée du monde. En effet, selon la publication de l’UNESCO intitulée Démasquer le racisme : lignes directrices pour les matériaux éducatifs, « les matériaux éducatifs jouent un rôle crucial dans la formation de la compréhension que les élèves ont du monde et d’eux-mêmes. Lorsque ces matériels contiennent des stéréotypes racistes ou omettent des perspectives diverses, ils contribuent à la marginalisation de certains groupes et renforcent les inégalités… les matériels éducatifs ne sont pas neutres, ils perpétuent ou cautionnent fréquemment des stéréotypes racistes au lieu de promouvoir des sociétés plus inclusives et respectueuses. »

Le LFCG a mené diverses activités pour mieux prévenir le racisme à l’école et y répondre, et nous les saluons et les soutenons ! Dans le même temps, nous croyons que la communauté du LFCG doit reconnaître que nous devons faire mieux et progresser dans ce domaine. Le CIPL se réjouit de travailler en étroite collaboration avec l’école et avec les parents pour soutenir les discussions et les initiatives visant à prévenir le racisme et à y répondre.

Enfin, un groupe d’experts indépendant mis en place par le gouvernement britannique en 2025 a affirmé que l’un des principaux obstacles à la lutte contre le racisme est précisément le silence omniprésent et puissant qui entoure ce sujet. Nous espérons que cet article sera source de réflexions et contribuera à engager des conversations et à prendre des mesures qui nous rapprochent d’un environnement scolaire où tous les enfants vivent à l’abri de la discrimination.

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